Camp de prisonniers de guerre de Quedlinburg

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Bergkohlen vers Stassfurt

Bergkohlen signifie "la montagne de charbon"

La ville de Stassfurt se trouve à 38 Km de Quedlinburg, 9,5 Km d'Atzendorf et à 16 Km d'Aschersleben.

Voici le rapport de la délégation espagnole sur ce détachement de travail.

Attention: les passages en rouge dans la transcription apparaissaient en gras dans l'original.

Détachement de travail de la Bergkohlen Direction de Stassfurt (province de Saxe)

Dépendance du camp de Quedlinburg

Visite du 16 janvier 1917

Nombre de prisonniers: 223 Russes et 55 Français. Il n'y a pas de civils.

Ici, les prisonniers français se trouvent logés dans un pavillon en briques, assez spacieux, au sol cimenté, avec chauffage au charbon et éclairage électrique, et pourvu de tables, de planches de paquetage, de quelques cuvettes et de seaux à eau, de lits superposés avec deux couvertures et une paillasse remplie de paille; la même installation existe dans une pièce séparées occupée, aujourd'hui, par huit malades russes qui se lèvent; mais les Français qui sont malades restent dans leur propre dortoir.

L'eau est potable et distribuée abondamment. L'installation des douches est bonne: tous les prisonniers, en sortant de la mine de sel, utilisent son eau chaude, tandis que ceux sortant de la mine de charbon se lavent en commun dans une unique grande cuve. On ne leur donne pas de savon, et cependant ils sont obligés de faire eux-mêmes le lavage de leurs effets, qui ne sont jamais désinfectés. Les lieux d'aisances sont assez primitifs.

Pour le travail, qui s'exécute dans une mine de charbon, à 650 mètres de profondeur, et dans une mine de sel de potassium à 350 mètres, les prisonniers sont divisés en trois équipes: l'une travaille de 4 heures à 15 heures et demie avec pauses; l'autre, de 1 heure à 11 heures, et la dernière de 21 heures et demie à 6 heures du lendemain matin, également avec le repos convenable et le temps de prendre un petit rafraîchissement.

La promenade en dehors de l'habitation est prohibée; il n'est pas permis de faire des achats en dehors de la cantine qui n'a presque rien; les prisonniers ne mangent pas de viande en semaine; chacun dispose d'une cuillère et d'une assiette en fer couverte d'une couche de porcelaine; la nourriture est de très mauvaise qualité et la ration de pain est de 300 grammes par personne.

Les effets de dessous leurs appartiennent; ils conservent leurs uniformes et leurs capotes. La société minière leur donne les effets nécessaires pour le travail, qui sont marqués à l'aide d'une bande au pantalon, un brassard et un numéro matricule sur la coiffure.

Les punitions sont très fréquentes et les violences multipliées.

Le salaire est très variable; il y a des prisonniers qui reçoivent 6 et même 10M 8 par semaine.

Les maladies des Français sont sans gravité; et la soi-disant infirmerie est dépourvue presque totalement de remèdes et du matériel de pansement. La seule distraction intellectuelle est la lecture du journal la Gazette des Ardennes.

La correspondance met un mois pour parvenir aux Français; le pain arrive sans particularité et on accuse réception selon l'usage des autres camps.

Les Français sont très mécontents et indignés par les brutalités commises envers eux par le sergent qu'ils qualifient de très grossier et très violent. Ils racontent qu'un Français, appelé Henri B., du 121e régiment d'infanterie, n° matricule 5.865, fut frappé par lui, il y a quatre ou cinq mois, et blessé à l'oreille avec une baïonnette.

Ils se plaignent d'être obligés de travailler les dimanches, de 6 heures et demie à 14 heures, et que toute réclamation envoyée à la Commandatur soit arrêtée par ce sergent, qui n'en accepte aucune, pas même les plus raisonnables et les mieux fondées.

D'après ce qu'ils disent, des rhumatisants ont demandé à travailler dans la mine de sel plutôt que dans la mine de charbon, qui est très humide; mais le sergent leur a refusé cette permission; il ne leur permet pas non plus de se présenter à la visite du médecin, - qui, certainement, comme ils disent, est peu humain dans ses rapports avec les prisonniers; il lui est arrivé, une fois, de les menacer avec son revolver - le sergent décide, avant que le médecin les voie, quels sont ceux qui doivent travailler ou non, dans la mine, obligeant, à l'occasion, ceux qu'il juge en bonne santé; d'y descendre après les avoir frappés. Le même sergent soigne les blessures et autres cas chirurgicaux; et ses pansements ne sont pas un modèle de propreté.

Les prisonniers demandent, une cuisine à l'abri des intempéries de la pluie, car celle qui est actuellement à leur disposition se trouve dans la cour, n'a aucun abri, et comme j'ai eu l'occasion de le voir, est exposée à toutes les intempéries, qui n'étaient pas minimes le jour de la visite.

Le sergent dit qu'il a consenti deux fois à ce que les travailleurs changent de mine.

Impression mauvaise.

La visite avait été annoncée et j'ai parlé en particulier avec les prisonniers.

 

 

 

© Davye CESBRON

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